Le carnaval

 

Comme toutes les fêtes soulignées à l'école, la fête du Carnaval, en dépit de son aspect loufoque, est une fête remplie de sens. Elle incarne des polarités présentes en chacun de nous : la tendance à rechercher les plaisirs de la vie et celle de rechercher un idéal de perfection humaine. Deux personnages présents à la fête représentent cette dualité. Il s'agit de Carnaval et Carême.

Tout d'abord Carnaval est le personnage au coeur même de la fête. Ses excès, son exubérance font rire et donne le ton à cette journée où les réjouissances atteignent un paroxysme. Grâce à lui, tout est permis. Tel un bouffon, il circule de classe en classe pour s'empiffrer de crêpes dont il raffole. Après le repas, il accompagne les enfants qui participent à des activités extérieures et continue de susciter l'intérêt par ses extravagances.

Le personnage de Carême, à l'opposé de Carnaval, est calme, introverti et empreint de sagesse. Il fait son apparition environ une heure avant la fin des festivités pour succéder à Carnaval dont les excès le mèneront à sa perte. En effet, pris d'un malaise, Carnaval se retirera pour ne réapparaître que sous forme de semences distribuées à chaque enfant, symbole de renouveau que suggère la prochaine fête importante, Pâques.

Certes, la période du carême aujourd'hui n'a plus le sens qu'elle comportait déjà. Privation et abstinence doivent trouver une nouvelle façon de se concrétiser afin que cette période qui mène à Pâques conduise chacun de nous à s'élever.


Les crêpes

Il est facile de constater, en y réfléchissant un peu, combien chaque fête s’accompagne, ici et là, d’un mets particulier régional ou non! Les crêpes sont de ce type.

L’étymologie du mot « crêpe » est assez curieuse : il dérive du latin crispus qui veut dire « frisé » et qui désigne le bord de cette galette poêlée. Au 12e siècle, le mot s’est substantivé au féminin pour s’étendre de la partie au tout. Dans le Morvan, on l’appelle « le crapiau », qui fait figure du mâle de la crêpe.

Deux tours de main caractérisent la cuisson de la crêpe : d’abord qu’elle soit faite très rapidement et ensuite qu’elle soit retournée vivement dans la poêle, c’est ce que l’on appelle « faire sauter la crêpe ».

C’est un des plats de réjouissances les plus populaires et auquel on attribue des traditions charmantes qui en font une source miraculeuse d’argent et de bonheur :

  • Si l’on fait sauter la crêpe le 1er jour de l’année en tenant une pièce de monnaie dans la main, on aura de l’argent pendant les douze mois.
  • Si la nouvelle mariée réussit à la faire sauter, elle sera heureuse en ménage.

Son triomphe se situe à deux époques, à deux fêtes de l’année, l’une religieuse, à la Chandeleur, le 2 février où l’on célèbre la purification de la Vierge et la présentation de Jésus au Temple :

« C’est la Chandeleur, mes pauvres gens!
Faisons des crêpes dans la ch’minée,
A seule fin d’avoir de l’argent
Toute l’année, toute l’année! »

L’autre profane, le Mardi gras, à la veille des Cendres, juste avant le carême :

« Mardi gras, n’t’en va pas!
J’f’rons des crêpes,
J’f’rons des crêpes,
Mardi gras, n’t’en va pas!
J’f’rons des crêpes,
et t’en auras! »

Extraits d’un texte original de Annie Clavert, paru dans la revue Devenir, n° 36, hiver 1988.


Recette de crêpes

Par précaution pour les intolérances, de l'huile de noix ou d'arachides n'est pas utilisée.

  • 2 tasses de lait ou lait de soya
  • 3-4 oeufs
  • 2 cuillerées à thé de poudre à pâte
  • 1/2 cuillerée à thé de sel
  • 2 tasses de farine (farine complète ou mélange de farine de différentes céréales)

Mettre le lait, les oeufs, la poudre à pâte et le sel dans un grand bol. Bien mélanger avec un fouet. Ajouter la farine et mélanger de nouveau. Laisser reposer au moins une heure avant de faire les crêpes. On peut faire la pâte la veille et la garder au réfrigérateur jusqu'au lendemain.

Verser une louche de pâte dans une poêle légèrement huilée et cuire à feu moyen-fort. Retouner lorsque des bulles apparaissent. Donne 12 crêpes de 6 pouces.


Historique

Tiré de : Delobbe, Karine : Carnaval. Dans la collection Histoire de fêtes, aux éditions PEMF, 2004.

Carnaval est la fête située dans le calendrier liturgique entre Noël et Pâques. Célébrée à la fin de l’hiver dans l’hémisphère Nord et avant le jeûne du carême, elle donne lieu à tous les désordres et à tous les débordements. Les origines de Carnaval sont très anciennes.

Le désordre avant le renouveau

Le terme « carnaval » viendrait d’une expression latine carne levare, « enlever la viande », ou de caro vale, « adieu la viande ». Ce terme ne s’applique à l’origine qu’au Mardi gras, dernier jour où il est permis de manger « gras » avant les jours maigres du carême, qui débute le lendemain, le mercredi des Cendres. Certains pensent que le mot « carnaval » pourrait aussi être dérivé de carrus navalis, « le char naval ». À la fin de l’Empire romain, on fêtait au printemps la reprise de la navigation en rendant un culte à la déesse Isis. Des mascarades accompagnaient un bateau votif jusqu’à la mer.

Si la fête de carnaval a ses origines païennes, elle a été délimitée dans le temps par l’Église catholique. Célébrée en février-mars, sa date est variable puisqu’elle précède le carême (du latin quadragesima, « le quarantième [jour] avant Pâques ») et dépend donc de celle, mobile, de Pâques qui suit le calendrier lunaire.

Carnaval est une fête collective se déroulant à l’extérieur de la maison, une fête vivante et colorée où masques et déguisements sont de mise. Ceux-ci permettent aux gens de rompre pour un temps avec le quotidien et l’ordre établi, en changeant sa manière d’être, en inversant les rôles, en se laissant aller à tous les excès. Carnaval est donc une fête du désordre, mais aussi une fête de régénération avant le renouveau.

Rites carnavalesques babyloniens

L’origine de rites carnavalesques remonterait à deux mille ans av. J.-C., dans l’ancienne Babylone. À la mi-juillet, les Babyloniens célébraient la fête des Sacrées. Durant cinq jours, l’ordre hiérarchique était bouleversé. Les serviteurs ordonnaient à leurs maîtres. Un prisonnier prenait la place du roi : il revêtait ses vêtements, mangeait à sa table et couchait dans son lit, ordonnait à ses esclaves... Au terme du cinquième jour, il était mis à mort!

Un rite de régénération se déroulait au début de l’année, à l’équinoxe du printemps. Dans le temple du dieu Marduk, le roi était ravalé au rang de simple sujet. Il était humilié et maltraité par le grand prêtre, avant d’être de nouveau consacré.

L’âge d’or du carnaval

À la fin du Moyen-Âge, le carnaval connaît un véritable âge d’or. La fête bat son plein dans toutes les villes d’Europe. Aux défilés s’ajoutent des représentations théâtrales dont le peuple raffole.

Sur les champs de foire ou les places publiques sont dressées des tréteaux sur lesquels des saltimbanques représentent des farces et des sotties. Les farces sont de petites pièces comiques et satiriques où dominent les jeux de scène. Elles se moquent des maris infidèles, des avares, des grincheux, des paysans niais, des pédants, mais aussi des puissants...


Adieu pauvre Carnaval!

Le carnaval dans de nombreuses villes se termine souvent, de nos jours, par la « disparition définitive » de Sa Majesté Carnaval au soir du Mardi Gras, parfois après un simulacre de procès. Cette mort rituelle est destinée à expulser l’hiver et toutes les choses négatives dont on veut se débarrasser. Elle réunit tout le monde et se déroule dans la gaieté.

Le roi Carnaval est alors personnifié par un personnage ou un mannequin de haute taille, il est vêtu d’un costume traditionnel ou qui évoque un événement d’actualité. On le nomme Carnaval, Caramentran ou un prénom quelconque. Il a même été appelé Gazoline dans certaines villes européennes au moment de la hausse du pétrole!

 

Plusieurs carnavals prestigieux

Le carnaval de Rio... le carnaval de Venise... le carnaval de Québec... celui de la Nouvelle-Orléans et, bien sûr, le célébrissime carnaval de l’école de la Roselière!


Voici des clichés pris durant le carnaval 2004 :

 

 

 

 

 

 

Dernière modification:
2009-11-23

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